Nord-Ouest/Sud-Ouest. La charge d’Amnesty contre les sécessionnistes

Dans son rapport publié le 11 juin dernier, l’ONG s’insurge contre la barbarie des séparatistes armés qui ont attaqué 42 écoles et tué 44 membres des forces de sécurité.

Olivier Bakole

C’est un tableau sombre que peint Transparency international dans son dernier rapport. « Dans les régions anglophones du Cameroun, des séparatistes armés ont tué des militaires par balle ou à l’arme blanche, incendié des écoles et agressé des enseignants et les forces de sécurité ont infligé des actes de torture, tiré sur des foules et détruit des villages, dans une spirale de violence de plus en plus meurtrière », dénonce l’organisation non gouvernementale dans un  nouveau rapport.  Intitulé : « Une tournure tragique. Violence et atteintes aux droits humains dans les régions anglophones du Cameroun », ce rapport se fonde sur « des entretiens approfondis avec plus de 150 victimes et témoins, ainsi que sur des preuves matérielles, notamment des images satellites, l’organisation montre que la population subit les plus lourdes conséquences de l’escalade de la violence dans les régions du Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

« Dans les régions anglophones du Cameroun, la population est prise au piège d’une violence meurtrière. Les forces de sécurité ont tué aveuglément, arrêté et torturé des personnes lors d’opérations qui ont fait des milliers de déplacés », écrit Samira Daoud, directrice adjointe du bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

Pour une fois donc, Amnesty international s’en prend aux exactions des bandes armées du mouvement sécessionniste qui ont tué des dizaines de membres des forces de sécurité. Autant qu’elles « ont aussi mené des attaques destinées à terroriser la population, allant jusqu’à incendier des écoles et à agresser des enseignants qui ne participaient pas au boycott », déplore l’ONG.

Les régions anglophones du Cameroun, à savoir le Sud-Ouest et le Nord-Ouest, représentent environ 20 % de la population du pays. Nombre de leurs revendications remontent au début des années 1960, période à laquelle ces régions ont été intégrées à la République du Cameroun récemment créée, à majorité francophone. Selon l’ONG, la violence et les troubles ont connu une escalade à la fin de 2016, à la suite d’une série de grèves et de manifestations contre ce que des enseignants, des avocats et des étudiants considéraient comme de nouvelles discriminations à l’égard des anglophones. Entre le 22 septembre et le 1er octobre 2017, des manifestations de grande ampleur ont été organisées dans les régions anglophones afin de proclamer symboliquement l’indépendance d’un nouvel État, appelé Ambazonie.

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