Emplois dans l’Extrême-Nord : les bons points de l’approche HIMO

Des projets à Haute intensité de main d’œuvre implémentés dans 20 communes pour près de 10 milliards de Fcfa ont permis de générer 1170 emplois dans cette zone victime de la crise sécuritaire.

Olivier Bokale

La région de l’Extrême-Nord fait face à des problèmes particuliers de développement. Cette situation est principalement due à la rudesse du climat, la pression démographique des déplacés et réfugiés –241 987 déplacés internes et 88 816 réfugiés nigérians d’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés –, et à l´insécurité du groupe terroriste Boko Haram. Cette conjoncture a entrainé un ralentissement général de l’activité économique dans la zone, un problème de développement et de déperdition de la jeunesse. La fermeture des frontières avec le Nigéria a également provoqué depuis début 2015, une dépréciation de 30 à 50% des prix de certaines matières premières agricoles (céréales, niébé, bœufs, etc.).

Pour faire face à ces défis, le gouvernement camerounais a lancé en octobre 2014, le Programme d’aménagement du territoire (Prodat) dans la partie septentrionale du pays. Il s’agit d’un plan d’urgence de 120 millions d’Euros, centré sur des infrastructures de développement rural construites selon l’approche HIMO (Haute Intensité de Main d’œuvre). Son objectif est d’agir au plus vite dans l’Extrême-Nord, afin de soutenir les populations locales, et notamment les jeunes, dont le risque de recrutement par Boko Haram était élevé. C’est ainsi que le Programme national de développement participatif (Pndp) a été choisi pour la mise en œuvre du Prodat. Ceci, grâce au soutien de l’Agence française de développement (AFD), à travers le Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) et l’Union européenne à travers le Fonds fiduciaire d’urgence (FFU).

En 2015, l’AFD s’est engagée aux côtés du Cameroun à hauteur de 3,3 milliards de Fcfa, à travers le 2e C2D, pour réaliser 11 projets selon l’approche HIMO dans la région de l’Extrême- Nord. Notamment dans les secteurs hydraulique et routier, avec pour résultats attendus l’emploi de 2.500 jeunes et l’insertion professionnelle d’au moins 1.500 d’entre eux. Pour prolonger cette dynamique, le Cameroun et l’AFD ont obtenu un financement supplémentaire de l’Union Européenne au travers du Fonds fiduciaire d’urgence (FFU). Cet accord, formalisé par la première signature d’une convention de financement délégué de 6,6 milliards Fcfa en 2016, va permettre d’élargir l’approche HIMO à 20 nouveaux projets communaux. D’ici 2019, ces nouveaux chantiers emploieront 3500 jeunes et contribueront, à leur échelle, à insérer 2500 d’entre eux afin de solidifier le redressement de l’Extrême-Nord.

A ce jour, le programme compte de nombreuses réalisations à son actif dans la région. Par exemple à Mokolo dans le département du Mayo-Tsanaga, à Zamaï plus précisément, où la mare artificielle en construction pour une durée d’exécution de six mois, a coûté globalement 156,796 millions de Fcfa, a permis de créer 180 emplois. Dans la commune de Méri, les travaux de réhabilitation de la piste de désenclavement Godola-Diyam Tcholli-Zalla, de 12,6 km vont bon train. Leur coût est de 295 millions de Fcfa. Le chantier qui sera livré le 30 juin 2018 a permis de générer près de 250 emplois.

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