Des terroristes s’emparent de la crise anglophone

Les actes posés dans trois régions du pays ont reçu la qualification d’actes terroristes. Ils avaient pour ambition de déstabiliser l’État ce 22 septembre.

Une double explosion a été entendue à Douala, autour des principaux dépôts pétroliers de la ville. L’explosion a touché le mur en béton de ces installations sensibles. Aucun blessé et aucune perte en vie humaine n’ont été enregistrée. Selon la police, il s’agit d’une bombe de fabrication artisanale. Elle a été faite à base de batteries de motos et d’une bouteille de gaz. Pour le gouverneur de la région du Littoral, il s’agit bien d’actions terroristes. Le sous-préfet de l’arrondissement de Douala 1er a interdit désormais toute activité commerciale dans les alentours de ces dépôts pétroliers.

A Bamenda, il y a eu une série de marches spontanées dans la ville. Des groupes d’hommes et de femmes ont marché dans les rues. Ils tenaient tous, en main, l’arbre de la paix. Les forces de l’ordre ont encadré ces manifestations pacifiques sans faire usage de la force. Ces manifestants ont néanmoins désobéi à l’arrêté préfectoral interdisant les manifestations dans le département de la Mezam jusqu’au 3 octobre prochain. Dans un arreté régional, le gouverneur du Nord-Ouest avait également interdit pendant 24 heures les déplacements entre les départements.

Ce 22 septembre a aussi été mouvementé dans la région du Sud-Ouest. D’après les autorités administratives, des groupes de gens marchaient dans les rues. Ils se dirigeaient vers les services administratifs attaquer ces édifices. Il s’agit précisément des sous-préfectures, des postes de gendarmerie et de police. Ces individus arrachaient les drapeaux de la république pour hisser des morceaux de tissus représentant un autre drapeau. Les forces de sécurité ont pu intervenir pour éviter des destructions. Diverses sources évoquaient des manifestations à Muyuka, et à Buea.

Cette journée a surtout été marquée par la diffusion de fausses vidéos sur les réseaux sociaux. L’une d’elles montraient des individus qui lynchaient un militaire. Le chef de la division de la communication du ministère de la défense fait savoir que cette vidéo n’avait pas été tournée au Cameroun. Des photos montrant des voitures détruites étaient présentées comme celles du domicile du maire de Buea. Nos sources dénoncent une autre manipulation. Plusieurs autres images ont également été modifiées par l’usage de logiciels appropriés pour accentuer la manipulation.

Vendredi soir, les autorités gouvernementales affirmaient clairement que la situation étaient assimilables au terrorisme. En clair, le Cameroun compte désormais deux fronts contre le terrorisme. Le front contre Boko Haram dans l’Extrême Nord et ensuite un autre dans la partie occidentale du pays. Le gouvernement soupçonne également les inspirateurs de cette crise de vouloir bloquer la scolarité de jeunes camerounais pour les enrôler dans des mouvements terroristes. Enfin, le gouvernement a pris la mesure de l’organisation qui veut s’attaquer aux institutions.

Sango Longue

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