Grand Stade Paul Biya à Yaoundé. Le constructeur rassure sur le respect des délais

Pour le Gruppo Piccini Construction, le Grand Stade Paul Biya et l’exceptionnel complexe dans lequel il devra baigner,  c’est le baptême de feu en terre camerounaise. Autour de la visite du site des travaux à Olembé le 17 juillet dernier, pour une évaluation de l’état d’avancement du chantier, nous avons rencontré Sam Thamin, principal responsable de la structure italienne au Cameroun et coordonnateur des travaux.

S’il refuse de s’étendre sur de probables grèves d’ouvriers relayées il y a quelques jours par une certaine presse qu’il juge « pas professionnelle et à la solde de certains ennemis de la République », il s’est par ailleurs ouvert sur les autres aspects qui aiguillonnent la curiosité de l’opinion publique, à propos du projet en cours de réalisation dans la banlieue nord-ouest de Yaoundé.


Sam Thamin, Directeur Général du Gruppo Piccini Cameroun
« Pour notre honneur et le respect d’un peuple loyal, nous serons dans les délais »

Propos recueillis par Charles ABEGA

Pouvez-vous nous présenter exactement le chantier sur lequel vous êtes engagés depuis plus d’un an au Cameroun où le Gruppo Piccini se déploie pour la toute première fois ?

En effet, l’entreprise italienne connue sous le nom de Gruppo Piccini en est à sa toute première grande expérience en terre camerounaise. Avant nous avons été notamment au Gabon et en Guinée Equatoriale où nous avons livré tout un complexe une salle de conférence internationale où s’est tenu le sommet de la CEMAC, des hôtels, avec des villas et autres logements de luxe pour invités spéciaux de l’Etat, etc.

Pour revenir au Cameroun, il est question de construire un stade de football aux normes internationales qui comptera d’ailleurs parmi l’un des meilleurs au monde, un centre commercial et un hôtel cinq étoiles jouxtant le grand stade, deux stades annexes, un club de tennis professionnel, une piscine olympique, une école de foot avec des logements pour les pensionnaires, un centre de médecine sportive, un gymnase multisport pour ne citer que ceux-là. Il nous reste à peu près six mois de travail en tout et nous livrerons à temps. Le grand stade déjà, qui est le plus important est livré avant la fin de cette année 2018.

On sait que vous exécutez ces travaux sous de fortes contraintes dictées par un chronogramme assez strict. Qu’est-ce que cela implique concrètement à votre niveau ?

Pour ce type de gros projet, il faut un timing de trente mois au minimum. Or là, nous devons exécuter le tout en sensiblement 18 mois. Sur le site en ce moment, nous avons une ressource humaine évaluée à environ 1600 personnes, qui déploient toute leur expertise pour que nous livrions l’ouvrage dans les délais et selon les exigences énoncées dans le cahier de charges. En termes de logistique par exemple, vingt grues se meuvent sur le chantier au lieu de cinq si nous étions dans un tempo normal. Voilà quelques dispositions pratiques que nous avons dû prendre pour honorer ce contrat.

Y a-t-il un risque que l’ouvrage souffre sur l’aspect qualitatif après livraison à cause des délais d’exécution visiblement trop justes après sa livraison ?

Chez Gruppo Piccini, nous mettons un accent particulier sur la qualité de notre travail parce que nous privilégions toujours la satisfaction des partenaires et la qualité des relations à sauvegarder après livraison. En plus, il faut rappeler que dans les traditions italiennes, la loyauté et l’honneur sont des valeurs avec lesquelles nous ne badinons pas. Voilà pourquoi nous faisons venir d’Italie un matériel de grande qualité et que sur place ici, nous n’ayons retenus que la meilleure expertise pour l’exécution pratique du chantier. Il s’agit ici exactement de la même qualité de travail que celui que nous avons livré partout ailleurs dans le monde. Donc je vais vous dire fortement NON, il n’y a aucune raison pour que l’infrastructure souffre de quoi que ce soit parce que les délais étaient courts. Nous avons pris des dispositions pour contourner ces difficultés avec professionnalisme.

Parlant du matériel venant d’Italie, peut-il à ce jour être quantifié ?

Concrètement, 2600 containers de matériels ont déjà été livrés sur le site depuis le début des travaux. Au bout, on estime à au moins 3000 le nombre total de containers dépouillés pour l’accomplissement de ce complexe. Il nous est également arrivé de faire venir du matériel par voie aérienne parce qu’il y avait une urgence qui ne pouvait pas attendre la rotation maritime. Nous avons donc pu récupérer 5,4 tonnes de matériels parvenues au Cameroun par avion depuis l’Italie, pour maintenir la bonne cadence dans l’exécution des travaux, malgré le coût exorbitant de cette opération car, il faut le reconnaître, ça coûte plus cher ainsi.

Que souhaitez-vous que l’on retienne du Gruppo Piccini au bout de cette première expérience au Cameroun ?

Nous travaillons dans le respect d’un peuple loyal et digne, qui voudrait doter son pays d’infrastructures de qualité. Nous souhaitons vivement qu’au bout de ce premier chantier, ce peuple nous ouvre d’autres opportunités sur la base de la confiance et de la qualité imposées par notre travail. Le Cameroun est un immense champ d’opportunités et nous serions heureux que l’on nous donne la chance d’apporter notre expertise.

 

 

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