Fête du Travail au Cameroun: Oui au dialogue social, non à l’instrumentalisation

 

La 131e  édition de la fête du Travail a été célébrée le 1er mai dernier sur toute l’étendue du territoire du Cameroun dans une ambiance carnavalesque. Ce qui n’a pas empêché les travailleurs de poser leurs problèmes au patronat.

Ce fut l’occasion pour les travailleurs de plaider pour un travail décent et pour les pouvoirs publics d’appeler à plus de vigilance afin que les revendications ne soient pas récupérées par des personnes mal intentionnées.

«Dialogue social, croissance économique et cohésion sociale» : le thème retenu pour l’édition 2017 de la fête du travail en disait suffisamment long sur les préoccupations des uns et des autres.

A Yaoundé, la capitale du Cameroun, un impressionnant défilé a été organisé au boulevard du 20 mai, devant d’un important parterre de membres du gouvernement, de diplomates et d’autres officiels qui ont a tenu à honorer ce rendez-vous annuel pour rendre hommage aux travailleurs.

Pour leur part, ils sont venus très nombreux des entreprises publiques et privées et de divers secteurs d’activités, dans des tenues de circonstance, les travailleurs qui ont tenu à rehausser de leur présence l’éclat de cette fête.

A Yaoundé comme dans les autres villes camerounaises, les nombreux travailleurs qui ont défilé et les officiels qui étaient en face ne pouvaient s’empêcher d’avoir présent à l’esprit le contexte national actuel marqué par la grève des enseignants et des avocats anglophones.

On comprend donc pourquoi le ministre du Travail, Grégoire Owona, après avoir énuméré les avancées enregistrées dans le monde du travail ces derniers temps, a vanté les vertus du dialogue social, et s’est empressé d’appeler les travailleurs à plus de vigilance pour éviter d’être instrumentalisés par des acteurs sociaux au dessein inavoué.

En tenant ce discours, le ministre du Travail faisait une allusion à peine voilée à la situation qui prévaut dans les régions anglophones. Ici en effet, on est parti des doléances purement corporatistes des enseignants et des avocats pour aboutir à des revendications qui relèvent, elles, du champ de la politique politicienne.

Les syndicalistes se sont eux aussi abondamment exprimés. Et comme on pouvait s’y attendre, leurs propos ont porté essentiellement sur la nécessité d’améliorer les conditions du travailleur en vue d’aboutir à un travail décent, la nécessité de revaloriser le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), l’harmonisation de l’âge de départ à la retraite, etc. ils n’ont pas manqué d’émettre le vœu selon lequel tous les efforts soient faits en vue de mettre fin à la situation qui prévaut dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest afin que le Cameroun poursuive sa marche vers l’émergence.

Moane Ehindi

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